L’incendie qui a ravagé près d’une centaine d’hectares à Monthermé en août a laissé des traces dans le département. Le député Pierre Cordier entend désormais tirer les conséquences de ce sinistre en proposant la création de Comités départementaux de bassin forestier.
Déposée le 15 septembre à l’Assemblée nationale, sa proposition de loi vise notamment à améliorer l’accès à l’eau pour les sapeurs-pompiers lors des incendies.
Une réserve d’eau tous les 200 hectares
Le texte prévoit la création, dans chaque département, de comités placés sous l’autorité du préfet. Ils réuniraient notamment communes et intercommunalités, SDIS, agriculteurs, propriétaires et exploitants forestiers, ONF et Office français de la biodiversité.
Leur mission serait d’identifier les secteurs forestiers les plus vulnérables et de développer les points d’eau nécessaires à l’intervention des secours.
La proposition prévoit notamment au moins une réserve d’eau dédiée à la sécurité incendie pour chaque tranche de 200 hectares de forêt, dans les massifs ne disposant pas d’un accès direct et permanent à un fleuve ou à une rivière présentant un débit suffisant. Les réserves devraient être accessibles aux engins de secours et contrôlées chaque année avant la période estivale.
« Chaque minute compte »
« Ces incendies nous ont montré, une nouvelle fois, qu’il faut pouvoir agir dans les premières minutes d’un incendie. Pour nos sapeurs-pompiers, chaque minute compte », souligne Pierre Cordier.
Le député estime que les longues distances à parcourir pour trouver un point d’eau font perdre un temps précieux dans la lutte contre les flammes.
La proposition prévoit également de travailler sur le débroussaillement, l’entretien des chemins d’accès aux réserves, la création de pare-feux et l’adaptation des essences forestières.
Monthermé comme exemple
Dans son texte, Pierre Cordier cite directement l’incendie de Monthermé, qui a détruit près d’une centaine d’hectares de forêt à la mi-août. Il estime que ce sinistre illustre l’évolution du risque incendie dans des territoires jusqu’ici moins exposés.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de constater les dégâts après chaque incendie. Il faut préparer nos territoires avant que le feu ne se déclare », affirme le député.
Pour rappel plus de 96 000 hectares ont été brûlés en France en 2026 selon les données européennes Copernicus/EFFIS, un bilan qui illustre l’ampleur exceptionnelle de la saison des feux.
La proposition de loi du député ardennais a été renvoyée à la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
📝 Samuel Thiolière