C’est forcément la soupe à la grimace quand il s’agit de remplir son réservoir. Avec le gazole qui navigue entre 2,25 € et 2,475 € et le sans-plomb qui le talonne de peu, rouler devient un luxe que l’on ne peut plus s’offrir. Les automobilistes rencontrés ce lundi à la pompe ont tous un avis bien tranché.

Les taxes en question

Hervé Lecerf vient de payer 123,75 € pour 50 litres de gazole à Intermarché Carignan. Le trentenaire peste : « Ma femme est aide-soignante à Manchester, elle fait 70 kilomètres tous les jours. C’est rentable d’aller travailler ? Elle fait la nuit, se crève au boulot pour payer le carburant. » La note ne passe pour personne quand on insère sa carte bleue. Même pour Henri et ses cheveux blancs : « Je suis en retraite, je roule moins, mais quand même, les taxes, le gouvernement sait les empocher et rien ne bouge », lance-t-il.

La presque bonne affaire à 1,899 € en Belgique…

Danielle Lecley habite, elle, du côté de Rocroi. Elle a traversé la frontière dimanche et en a profité en trouvant du SP95 à 1,899 €. « Je serais presque contente alors que cela reste hors de prix, sourit-elle. Ça pèse sur les fins de mois et on se prive de petits plaisirs pour continuer à utiliser la voiture. Par contre, j’ai remarqué que tout le monde a ralenti sur l’autoroute pour moins consommer. »

Il reste l’éthanol à 0,853 €, qui s’affiche toujours en sauveur. « J’ai pas les moyens de m’acheter une électrique alors j’ai fait poser un boîtier sur ma Fiesta, glisse Franck à la station-service Hyper U. Je suis pas mécontent, même si je sais qu’ils vont nous coincer aussi à un moment. »

D’autres prennent le vélo ou les transports en commun, mais ce n’est pas possible pour tous. Nous revoilà près d’Hervé à Carignan, « Même les enfants, on fait du covoiturage pour les emmener à l’entraînement de foot, drôle de période », lance-t-il avant de démarrer. En attendant, sa femme ira bien travailler cette nuit, avec un trajet toujours plus coûteux.