Le dossier du réseau de chaleur exploité par Dalkia a suscité de vifs échanges lors du dernier conseil municipal. En cause, les réclamations de locataires de logements sociaux qui dénoncent des températures insuffisantes dans leurs appartements durant l’hiver.
Qui est responsable ?
Les plaintes se sont multipliées cet hiver, certains habitants dénonçaient une situation où le thermomètre ne pouvait pas afficher les 19 °C réglementaires dans les logements. Des problèmes d’humidité et de moisissures avaient également été soulevés.
L’adjointe à l’environnement et au développement durable a tenu à préciser le rôle de chacun. « Dalkia est responsable de la température qui arrive à l’échangeur au pied de l’immeuble et la chaleur nécessaire arrive. Le reste appartient aux abonnés », a rappelé Marzia De Boni, désignant à demi-mot les bailleurs sociaux comme responsables de la distribution de la chaleur à l’intérieur des bâtiments.
Autrement dit, si la chaleur est bien livrée par le réseau, des dysfonctionnements sur les installations ou équipements pourraient empêcher les radiateurs de diffuser une température suffisante.
L’opposition interpelle les bailleurs sociaux
L’élu d’opposition estampillé RN en a profité pour pointer du doigt les organismes HLM qui doivent, selon lui, prendre leurs responsabilités.
« À un moment, il faut savoir se faire respecter pour que les bailleurs sociaux appliquent ce pour quoi ils sont missionnés. Mon souci, ce sont les locataires », a déclaré l’élu en visant clairement Habitat 08 et Espace Habitat.
“À 80 ans, 19 degrés, ce n’est déjà pas beaucoup”
Le maire a reconnu les difficultés rencontrées par certains habitants, finalement au cœur d’un dossier complexe.
« Déjà, 19 degrés, c’est un problème quand on a dépassé 70 ou 80 ans. Et 19 degrés en sortie de station qui arrivent au douzième étage d’un immeuble, on n’est plus forcément à 19 », a souligné Didier Herbillon.
L’édile a cependant mis un bémol sur la responsabilité des bailleurs sociaux « qui font le maximum possible avec cet héritage », tout en leur demandant de poursuivre les investissements nécessaires. Les opérations d’isolation thermique par l’extérieur engagées sur plusieurs résidences vont d’ailleurs dans ce sens avec des coûts importants à supporter par les organismes HLM.
Des contrôles et un moyen de pression
Le deuxième adjoint a lui aussi affiché sa détermination. « Je suis plus radical, a lancé Farid Bessadi. Je ne sais pas si un des acteurs est responsable mais on doit les contraindre à ce que chacun ait 19 degrés, du premier au dixième étage. Nos agents de la ville vont d’ailleurs régulièrement contrôler les logements. »
Enfin, Didier Herbillon a également évoqué l’exonération de taxe foncière dont bénéficient les bailleurs sociaux, laissant entendre que la municipalité disposait là d’un levier de pression.
« C’est un petit revolver que l’on a sous la table », a imagé le maire.
Si aucune solution immédiate n’a émergé, les élus se sont accordés sur un point : les habitants ne doivent plus subir cet inconfort thermique. L’objectif est désormais d’obtenir des améliorations concrètes avant le prochain hiver.