Parti il y a plusieurs jours à l’assaut du mythique GR20, en Corse, Thomas Deletang est désormais arrivé à mi-parcours. Si le défi physique est à la hauteur de sa réputation, l’Ardennais retient avant tout les rencontres, les paysages et les leçons de vie que lui offre cette aventure hors du commun.

Le mental plus fort que les douleurs

Le GR20 est réputé pour être l’un des sentiers de grande randonnée les plus difficiles d’Europe. Thomas le confirme. Chaque journée laisse son lot de courbatures, d’ampoules et de fatigue.« Physiquement, le short de trek a tendance à descendre tout seul. On ressent chaque jour la perte de poids. J’ai beaucoup de courbatures dans les mollets et les quadriceps, beaucoup d’ampoules, mais la motivation est toujours là », confie-t-il.

Lorsque les jambes ne répondent plus, c’est le mental qui prend le relais.« J’apprends de moi-même sur chaque sentier. Je connais mes limites. Quand le physique prend un coup, le mental prend le relais et te pousse à avancer. »

Des paysages à couper le souffle… et une étape redoutable

Parmi les souvenirs qui resteront gravés, Thomas évoque la diversité des paysages corses.« Mon plus beau moment, c’est de voir la Corse sous toutes ses formes : les bergeries, les paysages et le sommet du Monte Cinto. »

L’étape qui l’a le plus marqué reste toutefois la célèbre Pointe des Éboulis, réputée pour sa technicité.« C’est l’étape la plus difficile. Comme son nom l’indique, le terrain est très technique. La moindre erreur peut être grave. »

Une fois cette ascension franchie, le spectacle est à la hauteur des efforts fournis. Face à lui se dresse le Monte Cinto, point culminant de l’île, offrant une récompense inoubliable après plusieurs heures d’efforts.

« Ici, il n’y a plus de classe sociale »

Mais au-delà du défi sportif, c’est surtout l’ambiance qui règne sur le GR20 qui marque profondément l’Ardennais.

Chaque soir, les randonneurs se retrouvent dans les refuges ou les bergeries, souvent sous la tente, pour partager leurs expériences autour d’un repas… ou d’une Pietra bien méritée.« La plus belle des choses, c’est de poser son sac à la fin de la journée et de se retrouver devant une Pietra avec tous les randonneurs. Les rencontres sont inoubliables. »

Dans les moments de doute, Thomas puise également sa force chez les autres marcheurs.« Quand c’est dur, on a envie de balancer le sac et d’arrêter. Mais je trouve du réconfort dans le regard du randonneur en face de moi, qui vit exactement les mêmes choses que moi. »

Une solidarité qui lui inspire une réflexion simple. « Ici, il n’y a pas de classe sociale. Tout le monde est logé à la même enseigne. C’est ce qui fait la beauté de ce trek. »

Un jour après l’autre

À mi-chemin de son aventure, Thomas refuse déjà de penser à l’arrivée. « Je ne pense pas à la ligne d’arrivée. Je pense au jour le jour. Je ne néglige aucun sentier, même ceux qui paraissent les plus faciles. Un jour après l’autre. Un pied après l’autre. »

Une philosophie qui lui permet d’avancer, étape après étape, sur ce parcours aussi exigeant que spectaculaire.