La Ville réagit à la tribune publiée dimanche dans Libération par trois personnalités qui demandent le retrait de l’installation de Claude Lévêque du musée Rimbaud. L’artiste est accusé de viols et agressions sur mineurs, à noter que la présomption d’innocence s’impose à ce stade. La municipalité rappelle d’ailleurs d’emblée que cette œuvre n’a pas été choisie par l’équipe actuelle et affirme qu’elle ne sera pas retirée.
Un projet lancé avant 2014
Pour rappel, dans leur tribune, le pédopsychiatre Maurice Corcos, le pédopsychiatre Gérard Pirlot et Juliette Méadel, ancienne secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, demandent à la Ville de retirer « maintenant » l’installation de Claude Lévêque du musée Rimbaud. Leur demande intervient alors que l’artiste a été renvoyé devant la cour criminelle départementale de Seine-Saint-Denis pour des faits de viols et d’agressions sexuelles concernant trois mineurs âgés de 8 à 18 ans entre 1989 et 2007.
Contactée ce mardi, la municipalité rappelle que le choix de Claude Lévêque remonte à la précédente rénovation du musée. Le projet de réaménagement avait été engagé avant 2014 et le concours architectural lancé dès 2012. Autant dire sous la mandature de Claudine Ledoux. L’artiste avait été associé à la conception de la scénographie du musée dont le parcours a été inauguré après les travaux de 2014-2015.
Une installation intégrée au bâtiment
Au cœur de la polémique se trouve donc « Le Cadran », une installation lumineuse bleue qui accompagne le visiteur dans le grand escalier du musée. L’œuvre fait aujourd’hui partie intégrante du parcours permanent.
La Ville souligne qu’il ne s’agit donc pas simplement de décrocher un tableau ou de déplacer une sculpture. Son retrait nécessiterait un chantier important avec un coût qui serait supporté par la collectivité.
La Ville maintient sa position
Dans leur tribune, les trois signataires établissent également un parallèle entre la présence de l’œuvre de Claude Lévêque et l’histoire d’Arthur Rimbaud, évoquant des violences sexuelles que le poète aurait subies durant son enfance.
La Ville conteste cette lecture et estime que le débat doit revenir aux faits concernant l’installation elle-même et son histoire.
Elle rappelle également que Claude Lévêque a été exposé ou sollicité par différentes institutions publiques françaises et s’interroge sur les raisons pour lesquelles la cité de Rimbaud serait particulièrement visée par cette demande.
Un maintien de l’œuvre à ce stade
La municipalité assure toutefois « se tenir aux côtés » des victimes et condamner « avec la plus grande fermeté » les agressions présumées attribuées à l’artiste.
À ce stade, elle ne prévoit donc pas de retrait du Cadran et indique vouloir continuer à gérer le musée et les conséquences des choix effectués lors de sa rénovation, c’est à dire avant l’arrivée de Boris Ravignon à la tête de la commune.