Face à la multiplication des attaques dans le département, les éleveurs pourraient bientôt disposer de nouveaux moyens pour protéger leurs troupeaux. Le député Pierre Cordier veut en tout cas changer la donne. Ainsi des amendements viennent d’être adoptés dans le cadre du projet de loi de protection et de souveraineté agricoles afin d’autoriser les tirs de défense contre les loups.

Plus de 50 bêtes tuées en un an

Selon les chiffres avancés, plus de 54 moutons et brebis ont été tués en un an dans le département. Une situation devenue insupportable pour plusieurs agriculteurs confrontés à des attaques répétées. Le sujet crispe depuis plusieurs mois dans les campagnes ardennaises où la présence du loup suscite autant d’inquiétudes que de débats. Surtout que d’après les éleveurs, les moyens de protection subventionnés par le gouvernement (filet, clôture ou chien) ne fonctionnent pas.

Les tirs de défense désormais possibles

Voilà donc une avancée possible qui pourrait sortir de l’impasse une profession en danger. Les amendements adoptés, coécrits par plusieurs parlementaires dont l’élu ardennais, complètent l’article 14 du projet de loi agricole. Ils doivent permettre aux éleveurs de défendre leurs élevages face aux attaques. Les auteurs du texte saluent « un juste équilibre » trouvé avec le ministère de l’Écologie afin de concilier protection de la biodiversité et survie des exploitations agricoles. « Cela va dans le bon sens, a réagi le vice-président de la fédération des éleveurs de mouton des Ardennes. Après je dois relire de près ces textes mais d’après moi on ne pourra tirer le loup qu’à partir du moment où il a déjà attaqué une première fois nos troupeaux. » Bruno Miser demande à voir mais veut positiver.

Un sujet sensible dans les Ardennes

C’est vrai que le retour et les attaques du loup dans le département ne cesse de diviser. Si certains défendent la protection de l’espèce, de nombreux éleveurs dénoncent une pression devenue trop forte sur leurs troupeaux et réclament depuis longtemps davantage de moyens d’action. « Il faut savoir si on veut des éleveurs ou des loups car ce n’est pas compatible, le préfet des Ardennes l’a compris quand il est venu sur mon exploitation fin mars, le loup faut le descendre s’il menace nos élevages, y’a pas 36 solutions », conclut Bruno Miser.