Le District des Ardennes de Football s’inquiète. Dans un communiqué, il fait état d’une perte significative de joueurs par rapport à la saison précédente et alerte sur l’avenir de la pratique sportive dans le département.

Cette baisse doit interpeller alors que les enjeux de sédentarité, de surpoids, de santé publique et de surexposition aux écrans touchent particulièrement les jeunes. Dans les communes rurales, le District rappelle que le club de football est aussi bien plus qu’un lieu de pratique sportive : c’est un lieu de rencontre et de lien social.

La chute du nombre de licenciés

Ils étaient 11 675 à fouler le rectangle vert dans le département la saison dernière, ils ne sont plus que 11 047 en ce mois de septembre. Une chute libre qui s’explique. « Oui on a perdu plus 600 licenciés à cette heure, on fait face à la concurrence des autres sports pour les jeunes mais pas que, nos terrains ne sont plus adaptés à part quelques clubs qui ont les infrastructures », indique Yoann Germain, le secrétaire général du district.

Des terrains en inadéquation avec le climat actuel

C’est un constat irréfutable, les terrains en herbe sont de plus en plus difficiles à utiliser, entre fortes pluies et terrains impraticables en hiver, sécheresse et restrictions d’eau en été. « On joue de plus en plus sur des champs de patates, sourit un éducateur de football. Avant c’était courant mais ça ne passe plus avec les jeunes générations. » Le District encourage ainsi les collectivités à anticiper et à réfléchir à des équipements mieux adaptés, notamment à travers la création de terrains synthétiques.

« Les terrains ne sont plus sécurisants, on a rencontré les députés pour faire avancer les choses », indique Yoann Germain, le secrétaire du district.

Moins de bénévoles, trop de violence

Un essoufflement des bénévoles, confrontés à des contraintes administratives, financières et matérielles toujours plus importantes est également constaté dans les clubs. L’environnement général du football n’encouragerait pas les parents à pousser leurs enfants à mettre les crampons. « Trop de bagarres sur les terrains amateurs, sans compter des parents de plus en plus incontrôlables quand leurs gosses sont en match », ajoute l’éducateur de football contacté.

Pour toutes ces raisons, le District souhaite une meilleure lisibilité des aides disponibles et davantage de réflexion à l’échelle intercommunale.

Derrière l’avenir du football, c’est donc plus largement la place du sport dans les Ardennes et son accessibilité pour la population qui est mis sur la table.