La Coordination rurale des Ardennes a mené une action hier soir à la cité administrative. Plusieurs banderoles ont été installées pour alerter sur la situation des exploitations agricoles, confrontées notamment aux conséquences de la sécheresse et à l’augmentation de leurs charges.

Tout le monde souffre de la sécheresse

Les agriculteurs entendaient interpeller directement l’État avec cette action nocturne. Alexis Cugnet, vice-président de la Coordination rurale des Ardennes, estime que les mesures annoncées ne répondent pas à l’ampleur des difficultés rencontrées sur le terrain.

Il évoque notamment « les 1,7 million d’euros d’aides annoncés, qui devraient concerner environ 300 exploitations sur les 2 500 que compte le département. »

« Une grande partie des exploitants reste donc à l’écart de ce dispositif alors que les difficultés liées à la sécheresse touchent largement le monde agricole », dénonce le responsable syndical.

À cela s’ajoutent l’augmentation du prix des engrais, des aliments pour les animaux ou encore du GNR, avec une hausse importante du coût des cuves de carburant.

Alexis Cugnet indique travailler avec le préfet sur le sujet, mais juge les réponses apportées insuffisantes.

« On a prévenu. Rien ne se passe, la colère monte et ça risque de péter », prévient le vice-président de la Coordination rurale des Ardennes.

Une intervention policière qui passe mal

L’action s’est hier déroulée devant la cité administrative, où la police municipale était présente. Selon Alexis Cugnet, tout s’était alors déroulé sans incident.

Le responsable de la Coordination rurale déplore en revanche les conditions dans lesquelles le groupe aurait été intercepté par la police nationale alors qu’il repartait dans les rues de Charleville-Mézières.

« On n’est pas des délinquants, on n’est pas des trafiquants de drogue », dénonce-t-il, estimant que l’intervention a été disproportionnée.

Pour la Coordination rurale, cette action constitue donc un nouvel avertissement adressé aux pouvoirs publics : face aux difficultés économiques et climatiques rencontrées par les exploitants, la colère continue de monter.