La colère remonte d’un cran autour du site des Ardoisières, rue Pasteur. Les habitants dénoncent le retour des nuisances liées à l’activité de concassage de l’ardoise. Poussière omniprésente, bruit des camions et sentiment d’abandon : plusieurs riverains assurent que la situation s’est de nouveau fortement dégradée.
« C’est devenu invivable »
Face à l’usine, Nadia Joergen ne cache plus son exaspération. « Si il faut aller la brûler j’irai aider, cette usine nous fait vivre l’enfer », souffle la retraitée en montrant son salon de jardin recouvert d’une fine pellicule grise.
« Hier, on ne voyait presque plus les arbres tellement il y avait de poussière dans l’air. Et nous, c’est ça qu’on respire, ajoute-t-elle. Regardez l’état de mon appareil respiratoire d’oxygène. » C’est vrai que la poussière est reine absolument partout dans le secteur.
À quelques mètres de là, les rotations de engins entre la carrière et le site industriel se succèdent sans interruption.
Bruit, poussière… et une plainte déposée
Alertées par la discussion, Josiane et Juliette Frogmut viennent elles aussi témoigner. « Le bruit est insupportable. Les camions traînent parfois leur pelle sur la chaussée, on n’en peut plus », déplore Josiane.
Avec près de 200 tonnes d’ardoise concassées chaque jour, la poussière revient comme le grand sujet de crispation.
Elle poursuit : « L’autre jour, je ne voyais plus mon chien au bout de la laisse. Chez moi, deux ordinateurs ont été endommagés à cause de cette poussière. Ça retombe à des kilomètres tout le monde le sait quand on habite dans le coin. »
Le propriétaire de la maison qu’elles occupent aurait déposé plainte.
Sept millions d’euros investis… mais un problème identifié
Il faut dire que le dossier est loin d’être nouveau. Ces dernières années, le groupe Carrières des Lacs qui a racheté l’entreprise en 2004 avait investi près de 7 millions d’euros afin de moderniser les installations et réduire les nuisances environnementales.
« Mais aujourd’hui, on a l’impression que tout recommence », estime Nadia.
Contacté par Ardennes Actus, Yannick Davenel, responsable industriel du groupe , a pris connaissance de la vidéo tournée sur place. « En effet ce n’est pas normal, il semble y avoir un problème au niveau du silo de stockage. Je n’en avais pas été informé. Je vais immédiatement demander des vérifications et les mesures nécessaires seront prises », assure le dirigeant.
Il rappelle également que l’entreprise « avait réalisé d’importants investissements pour limiter son impact sur l’environnement » et comprendre la colère des habitants.
Une réponse que les riverains attendent désormais de voir se traduire par des actes concrets.