Simon Fongarnand est en stage d’ingénieur et travaille pour le gouvernement mexicain depuis le mois d’avril. Le Carolomacérien vit à Mexico et se retrouve au beau milieu de la folie football qui débute ce jeudi. À quelques heures de Mexique - Afrique du Sud, Simon raconte un quotidien qui respire football dans toutes les rues de la capitale.

Jour férié décrété par le gouvernement

Difficile pour l’étudiant de ne pas s’intéresser au football depuis quelques jours. L’épicentre de l’événement planétaire du ballon rond débute à 21 heures au mythique stade Azteca. Pour les anciens ce stade a déjà vu un certain Diego Armando Maradona brandir le trophée tant convoité avec l’Argentine en 1986.

« Le gouvernement a décrété un jour férié pour célébrer le lancement de la Coupe du monde, indique Simon. Personne ne travaille et tout le monde attend le match de l’équipe nationale. »

Dans la rue, dans les bars et dans les foyers, les conversations football animent le quotidien. L’Ardennais raconte : « À la base, les Mexicains sont déjà vraiment branchés football. Alors là, c’est décuplé. Dans les rues, tout le monde porte le maillot du Mexique, c’est impressionnant. » Il va d’ailleurs lui aussi s’acheter le maillot de l’équipe nationale. Et le précieux sésame ne sera pas très difficile à se procurer. « On peut même acheter le maillot dans les pharmacies », sourit Simon.

Des billets hors de prix

L’étudiant ingénieur renvoie aussi une autre image, avec une partie de la population qui ne serait pas en phase avec l’organisation de ce Mondial au Mexique. Il s’explique : « Cela a coûté près de deux milliards au pays et beaucoup de Mexicains estiment que cet argent aurait pu être utilisé autrement. Ici, les cartels de la drogue règnent en maîtres et la population aimerait davantage de moyens pour les combattre parce qu’on vit quand même au rythme des kidnappings et des règlements de comptes dans certains quartiers. On a donc assisté à pas mal de manifestations pour protester. »

Pour autant, le stade Azteca et ses 86 000 places seront pleins comme un œuf au coup d’envoi. « Sauf que le prix des billets fait grincer des dents. Il fallait débourser au moins 3 000 €, des collègues voulaient tellement y aller avant de se raviser », coupe Simon. Et voir le match dans un bar ne sera pas forcément plus évident. Beaucoup de cafetiers ont renoncé car ils sont surtaxés pour pouvoir le retransmettre. « La priorité est donnée aux lieux publics, avec des écrans géants déjà installés sur les grandes places de Mexico », renseigne l’étudiant.

Simon n’est pas forcément un passionné de football mais il va évidemment se rendre dans une fan zone pour regarder le match. Avec, peut-être sur le dos, son maillot de l’équipe nationale acheté dans une pharmacie.