L’opposition a questionné Boris Ravignon hier soir en fin de conseil municipal sur l’attitude des policiers municipaux dimanche dernier lors de la manifestation contre la loi sur la « présomption de légitime défense », rebaptisée par ses opposants « permis de tuer ». Les forces de l’ordre avaient contrôlé l’identité de deux manifestants qui distribuaient des tracts sur le marché de la Ronde Couture au départ du cortège. Le maire a répliqué en brandissant le fameux tract.

Empêcher l’expression démocratique

« Nous nous insurgeons contre cette pratique tendancieuse. Nous sommes encore en République et tout citoyen a le droit d’exprimer son point de vue », a commenté Irène Perrin-Toinin. L’élue de gauche est allée plus loin en demandant si c’est ainsi que Boris Ravignon entendait le sens de la mission de la police municipale, à savoir « contrôler des citoyens mécontents qui expriment leur mécontentement sur des choix politiques faits par nos dirigeants et empêcher l’expression démocratique ».

« Va falloir en vendre des merguez à la fête de l’Huma »

Autant le dire, le maire a riposté sans detour en sortant le fameux tract « Non au permis de tuer ». « Je trouve que nos policiers municipaux ont fait preuve d’un discernement remarquable », a glissé Boris Ravignon, avant d’enfoncer le clou en faisant un rappel à la loi.

« Tout document destiné à être distribué au public doit prévoir le nom et l’adresse de son imprimeur, et cela n’y figure pas. »

L’avertissement des policiers était donc plutôt prévenant puisque la loi prévoit une amende de 3 750 €. Comme ils étaient deux, la note aurait pu être salée. Boris Ravignon a conclu avec humour : « 7 500 € d’amende, il va falloir en vendre des merguez à la fête de l’Humanité pour payer. »

Cet échange plutôt cocasse s’est finalement terminé sur une note plus réglementaire. Tout le monde a fini par tomber d’accord sur un point : c’est mieux de distribuer des documents réglementaires.