L’habitat indigne reste une réalité préoccupante dans le département. La préfecture a communiqué des chiffres avec plus de 10 000 logements, soit près de 10 % du parc immobilier, qui sont considérés comme potentiellement indignes. Une situation qui concernerait plus de 20 000 habitants.
Près de 500 situations résolues en quinze ans
Le pôle départemental de lutte contre l’habitat indigne a dressé fin mai un état des lieux de la situation et fixé de nouvelles priorités. Cette instance, présidée par le préfet des Ardennes, rassemble notamment les services de l’État, le Conseil départemental, la CAF, la MSA, les collectivités locales et plusieurs partenaires spécialisés. Depuis une quinzaine d’années, la mobilisation des différents acteurs a permis de résoudre près de 500 situations de mal-logement parmi environ 1 300 signalements recensés par la Direction départementale des territoires.
Une lutte renforcée contre les marchands de sommeil
Parmi les outils déployés figure notamment le « permis de louer », mis en place depuis 2024 à Bogny-sur-Meuse, Charleville-Mézières, Nouzonville et Sedan. Ce dispositif vise à lutter contre les logements dégradés et les marchands de sommeil en contrôlant certains biens avant leur mise en location.
Les opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH) ont également permis d’améliorer la qualité de 650 logements en 2025, dont près de 40 logements considérés comme indignes. Ces travaux ont été soutenus par près de 19 millions d’euros de financements mobilisés par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) et les collectivités.
La base des signalements
La situation demeure préoccupante et les autorités souhaitent désormais intensifier leur action. Trois priorités ont été définies : renforcer le repérage des situations de mal-logement, durcir la lutte contre les marchands de sommeil grâce à davantage de mesures coercitives, et accompagner plus étroitement les maires confrontés à ces problématiques sur le terrain.
La préfecture appelle également les habitants à signaler les situations de logements dégradés ou dangereux via la plateforme nationale dédiée. Ces signalements sont considérés comme essentiels pour permettre aux services compétents d’intervenir plus rapidement.