Après un été marqué par une canicule et une sécheresse particulièrement intenses, l’État commence à débloquer les aides destinées aux exploitations agricoles ardennaises les plus fragilisées. Une première enveloppe de 1,37 million d’euros est mobilisée dans le département.

Une aide pouvant aller jusqu’à 6 000 euros

Dans le cadre du plan Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies (CASI), le préfet des Ardennes Christian Chassaing a décidé de déployer en priorité le fonds de réarmement agricole.

Cette aide de trésorerie peut atteindre 6 000 euros par exploitation. Trois catégories d’exploitants ont été identifiées comme prioritaires : les jeunes installés en élevage, les maraîchers, arboriculteurs et producteurs de petits fruits, ainsi que les exploitations déjà accompagnées pour leurs difficultés économiques.

Pour les jeunes installés en élevage, environ 180 exploitants ont été contactés le 25 septembre afin de les inviter à déposer une demande.

Au 1er octobre, la Direction départementale des territoires avait reçu 51 demandes, dont 10 avaient déjà été mises en paiement. Il s’agit des premiers versements effectués dans la région Grand Est.

Les autres exploitations vont être contactées

Le travail d’identification se poursuit avec les organisations professionnelles et notamment la Chambre d’agriculture pour les maraîchers, arboriculteurs et producteurs de petits fruits.

Les exploitations en difficulté déjà suivies par la Chambre d’agriculture, le réseau REAGIR ou l’association Solidarité Paysans seront également contactées lorsqu’il apparaît que la sécheresse compromet le maintien de leur production.

Les exploitants identifiés reçoivent un lien leur permettant de déposer leur demande en ligne sur la plateforme MesDémarches.

La date limite est fixée au 16 octobre 2026 pour les jeunes installés en élevage et au 26 octobre pour les maraîchers, arboriculteurs et exploitations en difficulté déjà suivies.

Les agriculteurs qui pensent remplir les critères mais n’ont pas été identifiés sont invités à se rapprocher de la Direction départementale des territoires des Ardennes.

Plus de 3 millions d’euros de dégrèvement fiscal

D’autres dispositifs viennent compléter ce soutien.

L’indemnité de solidarité nationale doit notamment permettre d’indemniser les pertes liées à la canicule et à la sécheresse pour plusieurs productions. La reconnaissance officielle des aléas climatiques concerne déjà le maïs, les pommes de terre et certains légumes. La démarche se poursuit pour d’autres productions, notamment les betteraves, les pommes et les poires.

Le préfet a également demandé un dégrèvement de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti : 40 % pour les parcelles en nature de terre ou de verger et 50 % pour les parcelles en nature de pré.

Ce dégrèvement, qui sera directement intégré à l’avis d’imposition 2026 représente un effort évalué à plus de 3 millions d’euros dans les Ardennes.

Enfin, près de 1,04 million d’euros de prises en charge de cotisations sociales agricoles sont prévus via la MSA Marne-Ardennes-Meuse, avec également la possibilité de mettre en place des échéanciers individualisés.

« L’État se tient aux côtés de tous les exploitants ardennais, conclut le préfet Christian Chassaing. Aujourd’hui, nous allons en particulier vers ceux que la sécheresse a le plus touchés pour leur permettre de poursuivre leur production ».