La préfecture des Ardennes durcit le ton face aux comportements dangereux sur la route. L’utilisation du téléphone portable au volant pourra entraîner une suspension administrative du permis de conduire d’un mois dès ce dimanche. En cas de récidive, la sanction pourra atteindre deux mois. Mais ce n’est pas la seule mesure du nouveau barème.

Des sanctions renforcées

Par arrêté du 21 octobre 2026, le préfet des Ardennes, Christian Chassaing, a décidé de durcir les suspensions administratives du permis de conduire. L’objectif est de lutter contre les principales causes d’accidents et de renforcer la sécurité sur les routes du département.

Trop d’accidents et trop de blessés, la réalité des chiffres est préoccupante. 17 personnes ont perdu la vie sur nos routes en 2025, une hausse de 31 % par rapport à 2024. Le nombre de blessés a lui aussi fortement progressé, avec 187 personnes recensées, une augmentation de 38 %. Et 12 personnes ont déjà été tuées sur les routes ardennaises depuis le début de l’année.

Le téléphone au cœur des nouvelles mesures

L’usage du téléphone tenu en main pendant la conduite sera désormais passible d’une suspension administrative d’un mois. Si cette infraction est commise en même temps que certaines autres infractions routières prévues par le Code de la route, la suspension pourra atteindre deux mois.

En cas de récidive dans un délai de cinq ans, la suspension pourra passer à deux mois pour le seul usage du téléphone et à quatre mois lorsque celui-ci est associé à l’une des infractions concernées.

La mesure vise à renforcer la lutte contre un comportement qui détourne l’attention du conducteur et augmente le risque d’accident.

Alcool, stupéfiants et vitesse également visés

Le nouveau barème prévoit aussi des suspensions importantes pour les infractions liées à l’alcool. Selon le taux d’alcoolémie, elles pourront aller de quatre à sept mois dans les situations présentées par la préfecture. Certaines circonstances, comme un refus de se soumettre aux vérifications, un accident ou le cumul de plusieurs infractions, peuvent entraîner des durées plus longues.

La conduite après usage de stupéfiants sera sanctionnée par six mois de suspension. Cette durée pourra atteindre huit mois en cas de cumul avec l’alcool ou avec un excès de vitesse supérieur à 40 km/h.

Les excès de vitesse sont également concernés. Selon l’importance du dépassement et la vitesse autorisée sur la voie, la suspension pourra aller de cinq à sept mois.

Le refus d’obtempérer entraînera, quant à lui, neuf mois de suspension. Lorsque l’infraction est aggravée par un risque de mort ou de blessures graves, cette durée pourra atteindre douze mois.

Des circonstances aggravantes

Le barème prévoit des sanctions plus lourdes en cas d’accident corporel, de délit de fuite ou d’accident mortel. Selon les infractions, la suspension pourra atteindre huit mois après un accident corporel ou un délit de fuite, et douze mois en cas d’accident mortel.

Les durées pourront également être aggravées en cas de récidive ou de cumul de plusieurs infractions. Pour les professionnels chargés du transport de personnes, les durées de suspension sont doublées, y compris lorsque l’infraction est commise en dehors du temps de travail.