Depuis le mois de juin, la clinique privée du GCS Territorial Ardenne Nord situé dans l’enceinte de l’hôpital Manchester dispose d’un assistant chirurgical robotisé de dernière génération. Baptisé Rosa, cet équipement dernier cri accompagne désormais le docteur Imed Zaalouni lors de la pose de prothèses du genou. Seuls quelques exemplaires de cette technologie sont actuellement opérationnels en France. Une avancée majeure pour la chirurgie orthopédique à Charleville-Mézières.
Un bras robotisé pour une précision millimétrée
Depuis l’arrivée de Rosa, le quotidien du docteur Imed Zaalouni au bloc opératoire a changé. Le robot l’assiste dans la préparation de l’intervention et la pose des prothèses du genou. Grâce à ses caméras 3D, ses capteurs infrarouges et son système informatique, il permet d’affiner les mesures et de planifier les gestes chirurgicaux en fonction de l’anatomie du patient.
« Le robot localise la pose de la prothèse, optimise les angles de coupe en tenant compte de l’anatomie du patient (fémur, tibia, rotule) et nous donne ses chiffres pour proposer l’intervention. On reste maître de l’acte, mais c’est ensuite le bras du robot qui positionne le guide de coupe osseuse », indique le chirurgien.
L’objectif est d’obtenir une précision accrue dans les coupes osseuses afin de favoriser un positionnement optimal de l’implant. Le praticien conserve la maîtrise de l’intervention mais le robot lui apporte une assistance technique précieuse.
Une récupération plus efficiente et de la mobilité
Dix ans après avoir succédé au docteur Antoine Pierson, Imed Zaalouni voit dans cette technologie une nouvelle étape pour sa spécialité. « Tout cela au profit du patient, glisse le chirurgien. Cela permet une meilleure récupération et mobilité, moins de tension sur les ligaments, moins de douleur et le patient peut sortir plus rapidement d’hospitalisation, avec en prime un genou moins mutilé. »
L’enthousiasme du spécialiste aux 1000 interventions annuelle ne laisse aucune place au doute.
« C’est un événement dans le domaine de la santé. Ce robot est le 19e opérationnel en France. On a travaillé sur ce dossier pendant un an en collaboration avec le directeur général de l’hôpital, mais aussi Boris Ravignon et les laboratoires partenaires. Et voilà, la chirurgie robotique est en service à Charleville. »
Un investissement d’un million d’euros sans coût pour la structure
L’équipement représente un investissement d’un million d’euros. Selon le chirurgien, son acquisition n’a toutefois rien coûté à la structure, grâce au montage mis en place avec les partenaires du projet.
Les possibilités de la robotique ne se limitent pas au genou. Les interventions de l’épaule et de la hanche peuvent
également bénéficier de cette technologie. À plus long terme, d’autres spécialités, comme la chirurgie viscérale, vasculaire ou la neurochirurgie, pourraient elles aussi s’appuyer sur des équipements de pointe.
Avec l’arrivée de Rosa, la chirurgie robotisée franchit ainsi une nouvelle étape dans les Ardennes, avec l’ambition d’améliorer la précision des gestes et les conditions de récupération des patients.
📝 Samuel Thiolière