Un coup de téléphone, quatre coupons de paiement et quelques minutes auront suffi. Ginette habite dans un immeuble collectif rue Jean-Baptiste Clément. À 79 ans, elle a été victime d’une escroquerie particulièrement bien ficelée. Ses interlocuteurs se sont fait passer pour des gendarmes et lui ont demandé d’acheter des coupons prépayés afin de « régulariser » un prétendu problème sur son compte bancaire.

Rendez-vous au bar

Tout commence par un appel téléphonique. Au bout du fil, des individus se présentent comme des gendarmes. Ils expliquent à Ginette que des mouvements « anormaux » auraient été détectés sur son compte bancaire et qu’un découvert est constaté.

Pour régler rapidement la situation, la septuagénaire est invitée à se rendre dans un commerce afin d’acheter des coupons Transcash. Et pas n’importe où : au bar-tabac

À l’Habitude, situé juste en face de son domicile.

Quatre coupons de 250 euros

Ginette prend sa canne et se rend donc chez le buraliste et achète quatre coupons d’une valeur de 250 euros chacun. Avec les frais, elle débourse au total environ 1 052 euros. Le gérant du bar-tabac lui demande pourtant si elle était sûre de cet achat. Bien aiguillée par les escrocs avant, la victime répond que c’est pour faire un virement à son petit-fils.

Une fois rentrée chez elle, le téléphone sonne à nouveau. Les faux gendarmes veulent savoir si elle a pu obtenir les précieux sésames. Puis ils lui demandent de leur communiquer les codes inscrits sur les coupons afin de pouvoir effectuer le fameux « virement » et régulariser sa situation bancaire. Ginette est en panique et ne flaire pas l’arnaque. Elle leur transmet les codes.

Les coupons dans les toilettes

« Ils lui ont dit que c’était bon, qu’ils allaient faire le nécessaire », raconte son entourage. La victime pense alors avoir fait ce qu’on lui demandait pour résoudre le problème signalé par ces prétendus militaires.

Mais les escrocs vont aller encore plus loin.

Ils demandent à la retraitée de ne surtout pas conserver les documents chez elle. Elle doit les déchirer et les jeter dans les toilettes avant de tirer la chasse d’eau. Ginette s’exécute.

Un scénario particulièrement ciblé

La précision du scénario interpelle. Les escrocs savaient manifestement quel commerce se trouvait à proximité immédiate du domicile de la victime.

Ginette sort très peu seule de chez elle et se déplace habituellement avec sa famille lorsqu’elle doit faire des courses. Le fait de lui demander de se rendre précisément au bar situé en face de son habitation laisse penser que les auteurs avaient pu repérer leur victime et son environnement.

Une plainte déposée

Après avoir récupéré les codes des coupons, les interlocuteurs n’ont évidemment plus donner aucune nouvelle.

Le comble, Ginette va aller porter plainte à la gendarmerie ce mardi même si les chances de revoir son argent sont quasi inexistantes.