La promotion du para tennis pilotée par la Fédération française de tennis a fait étape hier au centre de rééducation située rue de Warcq. Et quelle étape, puisqu’avant d’aller le soir donner un concert au théâtre, son ambassadeur, Yannick Noah, est venu jouer avec les enfants et les adultes de la structure Ugecam, mais pas seulement. Sa présence a enchanté les patients comme le personnel.

Du sport adapté et des sourires

Ils s’appellent Erwan, Thyméo ou encore Célia et ont échangé plusieurs balles avec l’ancien champion de tennis. Ces enfants en situation de handicap ne pouvaient pas forcément mesurer qu’ils avaient face à eux le vainqueur de Roland Garros 1983, mais ils ont pu mesurer l’immense générosité du bonhomme.

Yannick Noah a joué, conseillé les jeunes, animé, signé des autographes et fait des selfies sans compter, avec un sourire contagieux et un mot pour chacun. Autant le dire, tout le monde s’est laissé embarquer par la magie Noah.

« Sa popularité, c’est complètement fou partout où on passe, glisse un membre du staff de la Fédération. Il est profondément attaché aux gens, quel qu’ils soient. Elle est là, sa recette : il ne triche pas. »

De l’humanité à tous les étages

Difficile de contredire ce constat. Et quand on lui souffle son immense goût des autres après ce bain de foule au milieu des fauteuils roulants, le tennisman devenu chanteur se confie : « Papa me disait : “Tu as cette chance de pouvoir donner du bonheur aux gens, alors ne te prive pas.” Vous avez vu tous ces sourires, ces échanges et ces regards au milieu du sport adapté. Papa doit être fier. »

« Cette terre est une partie de ma vie »

À Charleville, la personnalité préférée des Français à dix reprises n’était pas vraiment en terre inconnue. « Je suis venu avec ma fille pour le concert de ce soir (mercredi) car je tenais à lui montrer où je suis né, à Sedan, que papa y était joueur professionnel de football et maman enseignante. Cette terre, c’est une partie de ma vie. Le temps passe et je suis dans la transmission de notre histoire. »

Du para tennis et un concert dans la foulée

La discussion s’étire. Son agent s’impatiente car il doit aller faire les balances au théâtre, mais Yannick Noah veut poursuivre avec une confidence émouvante. À 66 ans, ses racines restent tiraillées entre Sedan et Yaoundé.

« J’ai grandi ici et c’est toujours fort d’y venir. Je suis venu l’an dernier et me suis promené dans Sedan, les lieux me parlent, j’ai l’impression de retrouver maman », lâche-t-il à voix basse.

Une rencontre indélébile

Casquette des Knicks de New York vissée sur la tête, Yannick Noah s’est finalement décidé à monter dans le van. Place à son concert du soir, et là aussi, il va suivre sa trace.

« Je vais chanter sur scène et donner du bonheur, différemment, mais en donner aussi, ajoute le sportif chanteur. C’est ma vie. »

Une chose est sûre, Yannick Noah n’oubliera pas tous ceux qu’il a croisés au centre de rééducation hier après-midi, et en sens inverse personne n’oubliera cette rencontre dopée à la générosité, à l’humain et aux valeurs. Il est comme ça, Yannick Noah.