Édouard Balladur est mort à 97 ans. L’ancien Premier ministre de François Mitterrand est décédé ce lundi 31 à Paris, a annoncé sa famille. Avec sa disparition, c’est une figure majeure de la Ve République qui s’en va.

Né le 2 mai 1929 à Smyrne, aujourd’hui Izmir en Turquie, Édouard Balladur avait consacré plus d’un demi-siècle à la vie publique française. Haut fonctionnaire, conseiller d’État, ministre, secrétaire général de l’Élysée puis Premier ministre : son parcours l’avait conduit au cœur du pouvoir sous plusieurs présidents de la République.

L’homme de confiance de Georges Pompidou

C’est auprès de Georges Pompidou que Balladur va véritablement se faire un nom. Il rejoint son cabinet en 1964, alors que Pompidou est Premier ministre, puis devient l’un de ses plus proches collaborateurs.

En mai 1968, il participe notamment aux négociations qui aboutissent aux accords de Grenelle, avant de devenir secrétaire général de la présidence de la République en 1973. Il reste alors au plus près de Georges Pompidou jusqu’à la mort du président, en 1974. Après une parenthèse dans le secteur privé, il revient au premier plan politique dans les années 1980 aux côtés de Jacques Chirac.

Premier ministre pendant la cohabitation

Élu député de Paris en 1986, il devient la même année ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation dans le gouvernement de Jacques Chirac. Il mène alors une politique économique libérale et engage notamment d’importantes privatisations.

En mars 1993, après la large victoire de la droite aux élections législatives, François Mitterrand le nomme Premier ministre. Une nouvelle cohabitation commence.

Pendant deux ans, Édouard Balladur dirige le gouvernement avec une image d’homme calme, sérieux et technocratique. Il reste à Matignon jusqu’en mai 1995.

La rupture avec Jacques Chirac

Mais c’est surtout l’élection présidentielle de 1995 qui va définitivement marquer son parcours politique.

Longtemps proche de Jacques Chirac, son « ami de trente ans », Balladur décide finalement de se présenter à l’Élysée. La droite se divise alors entre les deux hommes.

Malgré une campagne longtemps donnée comme gagnante, Édouard Balladur ne parvient pas à se qualifier pour le second tour. Il termine troisième derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin.

Cette campagne met fin à une relation politique et personnelle de plusieurs décennies avec Chirac et constitue le dernier grand épisode de sa carrière nationale.

Une figure de la Ve République

Édouard Balladur poursuit ensuite son activité politique, notamment comme député, avant de quitter progressivement la vie publique. Il préside également en 2007 une commission chargée de réfléchir à la réforme des institutions.

Son nom restera associé à une certaine conception de l’État : celle d’un homme politique réputé pour sa rigueur, son goût des dossiers économiques et son attachement aux institutions.

À l’annonce de sa mort, les hommages ont rapidement afflué. Emmanuel Macron a salué un homme qui « avait la France au cœur » et un « serviteur exigeant, mesuré, dévoué ». Nicolas Sarkozy a, lui, rendu hommage à celui qu’il considère comme un « exemple, un mentor et un ami ».