Boris Ravignon sort exceptionnellement de sa réserve. Après la relaxe cette semaine d’un homme poursuivi notamment pour des menaces visant des agents de la mairie et des policiers, l’édile réagit avec virulence.

Des menaces à répétition

« Faudra-t-il un mort ? », interpelle-t-il en préambule d’un long message publié après la décision de justice.

Le maire rappelle qu’il n’a « pas pour habitude de commenter les décisions de justice », mais estime cette fois devoir « faire une exception à cette règle ». En cause, selon lui, les menaces proférées à l’encontre du personnel municipal et de membres de la police nationale.

Boris Ravignon évoque notamment le cas d’Hervé Régnier, qu’il présente comme « coutumier du fait sur les réseaux sociaux ». Il rappelle également un précédent épisode au cours duquel l’intéressé avait dû être accompagné par la police municipale vers la sortie de l’hôtel de ville après avoir, selon le maire, insulté et menacé des agents de l’état civil.

Mais c’est surtout un message adressé fin 2025 depuis une adresse mail personnelle à ses assistantes que Boris Ravignon met en avant. Le maire cite un passage particulièrement violent et à caractère raciste, dans lequel l’auteur menaçait notamment de venir « tuer » des personnes à l’intérieur de la mairie et affirmait avoir reçu une arme.

Lors de l’audience, la défense de M. Régnier aurait notamment consisté à soutenir que son compte avait été piraté.

« Faut-il attendre qu’il récidive ? »

C’est cette relaxe qui provoque aujourd’hui la colère du maire de Charleville-Mézières.

« Les ministres, les parlementaires et les syndicats de magistrats pleurent abondamment sur la violence qui se diffuse partout dans notre société », écrit Boris Ravignon, avant de poursuivre : « Mais, à Charleville-Mézières, les faits énumérés ci-dessus ne justifient pas la condamnation de leur auteur. »

Une formulation qui constitue une critique directe de la décision rendue par le tribunal.

Le maire termine son message par une question particulièrement lourde : « Faut-il attendre que cet individu récidive, ou pire qu’il passe aux actes ? »

Une réaction inhabituelle de la part de Boris Ravignon qui assume donc publiquement son désaccord avec la décision de justice rendue mercredi.