Vous avez peut-être déjà vu ces vidéos sur TikTok : des adolescents marchant à quatre pattes, sautant comme des animaux ou portant des masques de renard, de loup ou de chat. Derrière ces images parfois surprenantes se trouve une communauté appelée les « thérians ».

Curiosité et moquerie

Ils marchent à quatre pattes, bondissent, imitent les déplacements d’un animal et apparaissent parfois avec des oreilles, une queue ou un masque. Sur les réseaux sociaux, les vidéos de ces jeunes suscitent autant la curiosité que les moqueries.

Pour rappel les thérians désignent des personnes qui déclarent s’identifier, totalement ou partiellement, à un animal non humain. Les animaux concernés peuvent être très différents : loups, renards, chats, chiens ou encore d’autres espèces.

Emma le tigre et des chats non admis en classe

Pour certains, cette identification est avant tout une manière de se représenter ou d’exprimer leur personnalité. D’autres expliquent ressentir un lien beaucoup plus profond avec l’animal auquel ils s’identifient. Comme Emma (nom d’emprunt) scolarisée dans un collège de Charleville-Mézières, la jeune fille s’identifie à un tigre et vit mal l’incompréhension. « Je sais ce qui se dit dans mon dos mais je suis ainsi et je n’y peux rien, le tigre est en moi à chacun sa façon de penser mais je ne veux pas être jugée », renvoie l’adolescente.

La liberté d’être se heurte parfois à la réalité du quotidien. Elle ajoute : « J’ai deux amies qui s’identifient à un chat, elles sont allées en cours avec une queue et des oreilles, le prof de maths les a stoppé en faisant allusion à une classe qui ne deviendrait pas un zoo »

Des mouvements animaliers

Sur les réseaux sociaux, cette identité est notamment mise en scène à travers des vidéos dans lesquelles les participants reproduisent certains mouvements animaliers.

Une pratique revient régulièrement : le « quadrobics », qui consiste à se déplacer à quatre pattes en utilisant ses mains et ses pieds. Cette discipline peut être pratiquée comme une activité physique, indépendamment de toute identification particulière à un animal.

Un phénomène dopé sur le net

Si la communauté existe depuis plusieurs décennies sur internet, les réseaux sociaux lui ont donné une visibilité considérable.

Des vidéos courtes, spectaculaires et parfois impressionnantes sont massivement partagées. Elles montrent généralement des jeunes dans des forêts, des parcs ou chez eux, reproduisant les mouvements d’un animal.

Cette exposition contribue aussi à donner une image parfois caricaturale du phénomène. Certains contenus présentés comme étant ceux de « thérians » peuvent d’ailleurs simplement relever du jeu, du cosplay, du challenge ou du quadrobics.

Des questions chez les parents en enseignants

Le phénomène est donc plus complexe que les seules images devenues virales sur la toile.

La forte présence de ces contenus sur TikTok soulève forcément des questions chez les parents et les enseignants. Les parents d’Emma n’ont pas souhaité s’exprimer sur la situation de leur fille. Faut-il y voir une nouvelle mode adolescente, une forme d’expression personnelle ou une communauté qui permet à certains jeunes de trouver des personnes partageant les mêmes expériences ?

Une chose est certaine : les « thérians » sont devenus suffisamment visibles sur les réseaux sociaux pour attirer désormais l’attention du grand public. Et derrière les vidéos parfois étonnantes, se cachent des profils et des motivations très différents. Le débat ne fait que commencer.