lLa sécheresse continue de peser sur la centrale nucléaire. Face à la baisse importante du débit de la Meuse, EDF a dû mettre à l’arrêt l’un de ses réacteurs. Une situation exceptionnelle directement liée au manque d’eau.
La canicule met la centrale à l’arrêt
La centrale nucléaire est actuellement confrontée aux conséquences de la sécheresse qui touche les Ardennes. Le débit particulièrement faible de la Meuse a conduit EDF à interrompre la production de l’un des deux réacteurs du site.
L’unité de production n°1 a été arrêtée le samedi 1er août alors que le débit de la Meuse était descendu à 18,6 m³/s. EDF explique cette décision par la nécessité de respecter les dispositions de l’accord franco-belge du 8 septembre 1998 relatif à la gestion des eaux de la Meuse.
Une centrale dépendante du débit de la Meuse
Comme d’autres centrales nucléaires installées au bord d’un cours d’eau, Chooz utilise l’eau de la Meuse dans son fonctionnement. En période de fortes chaleurs et de sécheresse, la diminution du débit impose donc des adaptations de la production afin de préserver la ressource en eau et de respecter les contraintes environnementales.
La situation est d’autant plus inhabituelle que le débit de la Meuse à Chooz est normalement nettement supérieur. Les données hydrologiques utilisées par l’Autorité de sûreté nucléaire indiquent un débit moyen mensuel interannuel d’environ 50 m³/s en août, avec un étiage généralement observé entre juin et octobre. Le débit minimum journalier relevé sur plusieurs décennies est de 10,2 m³/s. (ASN nucléaire)
Deux réacteurs concernés
La centrale de Chooz compte deux réacteurs de 1 450 MW chacun. L’unité n°2 était déjà à l’arrêt depuis le 11 juillet 2026, dans le cadre de son arrêt programmé. Son redémarrage avait été reporté et était annoncé pour le 10 août au soir.
L’arrêt de l’unité n°1 début août a donc conduit, pendant plusieurs jours, à une situation où les deux réacteurs du site ardennais ne produisaient plus d’électricité.
Pas de panne ni d’incident nucléaire
Cet arrêt ne correspond pas à un incident nucléaire ou à une défaillance de sûreté. Il s’agit d’une mesure d’exploitation prise en raison des conditions hydrologiques exceptionnelles.
La centrale de Chooz est d’ailleurs régulièrement soumise à des contraintes liées au niveau de la Meuse. Les données de l’Autorité de sûreté nucléaire montrent que le site est particulièrement concerné par les variations importantes du débit du fleuve, entre les périodes de crue et celles d’étiage.
Cette situation illustre surtout une conséquence de plus en plus visible des épisodes de sécheresse : le manque d’eau peut directement affecter la production des centrales électriques qui utilisent les cours d’eau pour leur fonctionnement.