La pizzeria située au 40 avenue Philippoteaux est vendue. Les acquéreurs prendront les rênes du restaurant en juin prochain. Les propriétaires actuels vont en profiter pour changer de vie et vivre leur rêve. Ils décollent pour la Guadeloupe pour se lancer dans la location de vacances. Audrey Martin nous a raconté cet ambitieux projet.
Le coup de cœur absolu pour l’île des Antilles
La cogérante sortait de son service ce mercredi midi et reprenait à peine son souffle. Qu’elle a vite retrouvé lorsque la carte postale de plages idylliques et de forêts tropicales est arrivée dans la conversation. « On passe la main en juin, on fait le tour de la famille et des amis en juillet et on décolle en août », indique d’entrée la restauratrice. Destination Capesterre-Belle-Eau située à Basse-Terre, avec un vol direct et sans billet retour. Un avenir qui a mûri au fil des années et qui devient aujourd’hui réalité.
Rembobinons. Tout commence à la sortie du Covid. Le couple Martin se rend en Guadeloupe pour un séjour de vacances. « Et ça a été le coup de cœur absolu, coupe Audrey. La richesse de cette île, sa végétation, son climat à 30 degrés constant, la mer des Caraïbes… Nous avons beaucoup voyagé mais là, nous avions vraiment la larme à l’œil en repartant. »
Prendre le pouls de l’immobilier
À peine rentrés, les patrons de l’Origan commencent à regarder les prix de l’immobilier. Comme on l’a tous fait… sauf qu’eux vont franchir un premier pas. « Un an après, nous achetions une maison et un beau terrain, un pied-à-terre où nous allions ensuite nous rendre régulièrement », poursuit Audrey. Une conciergerie gère alors la location de leur bien le reste de l’année histoire de payer les charges. Une formule qui va progressivement faire son chemin.
Pendant ce temps, le couple continue de développer sa clientèle à l’Origan, acheté puis rénové en 2015. Les restaurateurs travaillent sans compter et économisent le fruit de leurs efforts. Lorsqu’ils trouvent des investisseurs en début d’année, l’occasion est trop belle pour transformer le rêve en réalité. « L’an dernier, nous avons vendu nos trois gîtes à Sedan et là nous vendons donc le restaurant. C’était le bon moment », souffle Audrey.
Les enfants ne suivent pas, la voiture oui
Leur modèle économique en Guadeloupe paraît simple sur le papier, mais il faut l’oser. « Nous avons un grand terrain sur lequel nous allons construire trois autres maisons. Nous allons emmener nos outils et les faire sortir de terre avec l’appui d’artisans sur place, lance la quadragénaire. Nous les proposerons ensuite à la location, comme nous le faisons déjà avec notre maison. » Un saut dans l’inconnu mais un inconnu paradisiaque que le couple a longuement réfléchi. « Ce n’est pas facile. Nos parents vieillissent, nos enfants sont grands et ont choisi de rester ici. Mais nous reviendrons régulièrement, évidemment », avance Audrey.
Leur carte postale préférée chaque jour qui passe
La trajectoire d’Audrey et Frédéric force le respect. Ils font partie de ces personnes qui se sont construites à la force du poignet. Pour rappel elle était caissière en supermarché, lui travaillait dans une carrière de pierre. L’aventure de la restauration et leur ambition les ont progressivement conduits jusqu’à la Guadeloupe. « Nous nous sommes connus à 18 ans. La Guadeloupe, à l’époque, ce n’était pas accessible pour nous. Aujourd’hui, nous allons nous y installer et nous sommes très heureux », conclut Audrey.
Ils ne seront d’ailleurs pas vraiment seuls. De nombreux Ardennais ont déjà élu domicile sur cette île des Antilles. Même leur voiture les suivra puisqu’elle rejoindra la Guadeloupe par bateau.
Une nouvelle aventure s’apprête à commencer, avec pour décor quotidien leur carte postale préférée.