Le tribunal correctionnel devait rendre sa décision ce mercredi dans l’affaire des violences survenues le 4 mars dernier en pleine campagne des élections municipales. Le jugement a finalement été mis en délibéré au 21 octobre prochain.

La guerre des affiches en pleine campagne

Tout d’abord et au regret de la présidente du tribunal qui avait des questions à leur poser, Jean-Marie Behr et son épouse, Cathy Rouyer épouse Behr, poursuivis pour des violences commises à l’aide d’une bombe aérosol et des violences en réunion n’ayant pas entraîné d’ITT supérieure à huit jours, ne se sont pas présentés à l’audience.

Pour rappel les faits reprochés se sont déroulés le 4 mars avenue Winston-Churchill, vers 23 h 30, alors que le couple dégradait des affiches du Rassemblement national. Julien Nicolle, sympathisant du RN, affirme avoir reçu une projection de bombe aérosol au visage. Une conjonctivite et trois jours d’ITT avaient été constatées par un médecin.

Une vidéo au cœur des débats

La victime est tout d’abord revenue sur le contexte de cette soirée à la barre. Il explique être repassé devant des panneaux du RN après avoir constaté qu’ils avaient été dégradés depuis plusieurs jours.

« En repassant devant les panneaux qu’on venait de faire, on a vu que plusieurs avaient encore été tagués. On voulait savoir qui détériorait nos affiches », a-t-il déclaré.

La présidente du tribunal lui a alors lancé : « On a l’impression que vous les attendiez, d’ailleurs ce n’était pas vos premières altercations avec le couple sur le sujet. » Julien Nicolle a répondu qu’il souhaitait filmer les personnes qui dégradaient les affiches, en appuyant sur le fait que rien ne pouvait justifier l’utilisation de la bombe aérosol à son encontre.

Une preuve numérique diversement appréciée

La vidéo de la scène, reine des réseaux sociaux, a ensuite été diffusée à l’audience. Les débats ont notamment porté sur l’utilisation de la bombe et sur la diffusion de la séquence au grand public. Julien Nicolle a assumé cette publication : « À un moment, quand on se fait agresser, on le dénonce et nous avions flouté les visages. »

L’avocat de la partie civile a pris la suite et n’a pas manqué de s’appuyer sur les images qui montrent une utilisation volontaire de la bombe aérosol au visage de son client en insistant sur la violence des faits.

Tout comme la procureure d’ailleurs, qui a également considéré qu’il s’agissait d’actes de violence graves et non d’un geste défensif, en précisant que Julien Nicolle avait été volontairement visé. Le parquet a ainsi requis six mois d’emprisonnement avec sursis simple, ainsi qu’une interdiction d’utiliser une arme.

La défense plaide la légitime défense

L’avocate des époux Behr a, elle, livré une version très différente de la scène au moment de plaider. Elle a soutenu que ses clients étaient eux-mêmes suivis ou « traqués » par des militants RN et qu’ils se seraient retrouvés pris à partie lorsqu’ils sont arrivés sur place. Un vrai guet-apens selon ses termes.

Selon la défense, les deux sexagénaires auraient pris peur face aux deux jeunes hommes présents. L’avocate a précisé que Jean-Marie Behr et Cathy Rouyer épouse Behr n’auraient utilisé la bombe qu’une seule fois avant de prendre la fuite. Elle a ainsi plaidé la légitime défense et demandé la relaxe de ses deux clients.

Il faudra patienter

Le tribunal n’a finalement pas rendu sa décision ce mercredi. Le jugement sera rendu le 21 octobre prochain.

A la sortie du tribunal, Lucas Langrenez a renvoyé son sentiment aux médias présents. « Le couple Behr est en retraite, ils auraient pu venir mais bon je ne connais pas les raisons de cette absence, c’est leur décision, je retiens surtout que la Procureure a retenue l’extrême gravité des faits au regard du code pénal, et cela veut tout dire. Rendez-vous le 21 octobre », a conclu le délégué départemental du Rassemblement National.